Et pour Noël, si on chantait ?

Et pour Noël, si on chantait ?

Du fond du choeur

( et pour Noël, un tit bonus en fin d’article:  chanson « l’accident du Père Noël ») wink

« Vive le vent, vive le vent… » Et revoici le beau temps de Noël !

Je ne sais pas si vous chantez pour la circonstance ? Faut quand même reconnaitre que la tradition s’est bien perdue…Pour ma part je l’ai revécue en Roumanie, l’an passé et c’était vraiment des moments  extra ! Là-bas, le 24 au soir, les enfants chantent  par groupes itinérants,  pour récupérer quelques piécettes et friandises. Quant aux adultes, je les ai vus entonner des chants traditionnels, lors de leur visite familiale du 25, auprès de la proche famille.

« Ah, tout se perd, ma brave dame ! » Enfin, pas complètement : cette année nous resterons en France (parait que c’est très tendance…) et nous irons rendre visite à Damien qui perpétue le rituel…mais absolument toute l’année.

 

Damien…

…est un copain de Mumu qui habite en Seine-et-Marne. Comme « la guitare le démange » très souvent, il gratte et il compose au fil du temps. Ce n’est pas « un pro », mais il se débrouille quand même pas mal. Faut dire qu’il est tombé dedans tout petit. Dès l’âge de 6 ans il allait en « jolies colonies de vacances ». A cette époque on y chantait beaucoup et en toutes circonstances ! Vers l’âge  12 ans, il s’est fait offrir une guitare et depuis, il n’a plus arrêté…A présent il a également un ukulélé, un charango, une autoharpe, une mandoline (en cours de restauration), quelques harmonicas et un ocarina. Enfin  en cours de fabrication, , on trouve également : un kayamp et un cuica : ouf !

Mais sa chère guitare  à 12 cordes canadienne, reste la préférée …

Un ukulélé

Un charango

Une autoharpe

Un ocarina

Un kayamp

Un cuica

Instants blancs

 A la fin de l’hiver dernier- tel Ulysse mais en plus froid- Damien a fait un beau voyage. En effet, il a rendu visite à son fiston qui venait d’être papa pour la première fois.  La petite famille crèche (et oui, c’est Noël…) à Montréal .

L’heureux papy est totalement tombé en amour de baby « Léon » et… de ce beau pays ! 

Une petite frustration cependant. En effet, pour cause de crise sanitaire qui débutait, il n’a pas pu voir un match de hockey et assister au concert du chanteur Plume Latraverse. De même, la belle ville de Montréal était un peu déserte….Ce sera pour la prochaine fois!

Inspiration

Bien  sûr,  après une telle expérience, Damien ne pouvait plus que la chanter sur tous les toits ! Il nous explique dans quel contexte il a écrit sa chanson « québécoise ». « Ma « toune » (clic, en bas de texte) est inspirée par l’arrivée  du printemps dans les Laurentides. Dans un chalet en bois, sur les bords du Lac Supérieur. Ce jour-là, la nature s’éveillait,  la glace fondait, la neige devenait de petits filets d’eau, les bords gelés du lac se fendillaient, laissant monter les flaques. Les jours précédents, les québécois traversaient encore à pied, ou en vélo, au milieu du lac ; là où la glace peut faire 1 mètre d’épaisseur environ. »

« On peut libérer le rocking-chair

Prisonnier dans sa gangue de glace

J’ai dévalisé la bouchère

Le brasero reprend sa place »

On va s’aimer encore

Bon ; j’avais dit qu’on resterait en France et finalement, c’est plus fort que moi, on se retrouve à perpète les oies !

Oh, et puis flûte ! Tant qu’à y être, continuons sur notre lancée.  Voici ici une très jolie chanson du jeune et talentueux québécois : Vincent Vallières. Nos sympathiques cousins d’Amérique, savent comme personne restituer le si précieux « esprit de Noël ». Allons, ne boudons pas notre plaisir : tapons du pied, claquons des mains et peut-être même chantons !

                   

En attendant de vous retrouver je vous souhaite bien sûr un TRES TRES JOYEUX NOEL !

Ah zut, j’allais oublier la MORALE DE L HISTOIRE ! Voici donc la toute dernière de 2020 :

 « La musique c’est aussi grand que l’univers, il suffit juste d’oser »

                                 Henri Salvador

                                                                                                                                             

Slow devant !

Slow devant !

Le slow… avant le slow

Comme je l’évoquais  dans un récent-et palpitant- article  (voir le Grau d’Agde S1E1) ;  en ce moment,  Mumu me parle souvent de « slow-quelque chose ». De mon coté, je lui confiais que, pour ma génération, le  slow était surtout la danse des amoureux timides. Nous dansions sur des tubes renversants  tels que « tombe la neige » de Adamo et nous nous consumions sur des titres de braise tels que « Love me Tender » de Elwis Presley. Il y avait également des chansons inoubliables telles que « je suis à toi » de Patricia Carli ou bien encore « Cathy » de Marc Aryan (c’était le prénom de ma meilleure copine du moment…)

Mais… nous nous égarons ! Semblerait que le « slow en mode 2020 » soit assez différent …

Version classique

le lièvre et la tortue

Ma nièce m’a en effet tout expliqué : « slow » est le contraire de « fast », en anglais  (je précise, pour ceux qui n’ont pas la chance d’avoir Mumu sous la main). Le mouvement « slow-food  » par exemple  est né en réaction aux « joyeux fast-food » des  années 70. Un mouvement de contre-culture en quelque sorte ; mais finalement, peut -être pas besoin d’en faire tout un plat ? Surtout anglais ! Gare aux arrière-goûts de marketing, toujours un peu en embuscade,  dès qu’il y a des anglicismes…

                           Car enfin, et dans un esprit beaucoup moins tendance,  Jean de la Fontaine au XVIIème siècle nous  rappelait déjà que « Maître Lièvre » est bien moins avisé que « Dame Tortue »… Bon, j’en conviens, tout ça sent quelque peu la naphtaline et le tableau noir…Sans doute qu’un bon bol d’air, nous fera  du bien !

Version philosophique

Nous sommes en 1967, Yves Robert  tourne alors un  conte paysan qu’il intitule « Alexandre le Bienheureux ».  Je trouve ce film totalement« slow-révolutionnaire » ! Dans cette farce beaucoup moins légère qu’il n’y parait, il est question du rapport au travail, du sentiment de liberté, de l’idée du temps qui passe et finalement du sens que l’on donne à notre vie. Cette intelligente comédie est le reflet d’une époque qui commence à se poser bien des questions…

Version Pop

Année 1973. Décidément, notre rythme de vie citadine  nous interpelle. Vous souvenez-vous du film hilarant « Elle court, elle court la banlieue » ? Avec Marthe Keller et Jacques Higelin dans les rôles principaux, cette comédie grinçante  est signée de Gérard Pirès. A cette époque, je me souviens qu’il était de bon ton de  décrier  le fameux « métro, boulot, dodo ». Le scénario est construit sur les mésaventures de banlieusards parisiens. C’est également le portrait plein d’empathie de ces gens, et la mise en évidence d’un quotidien totalement absurde. A revoir ou à  découvrir !

Version comiques de légende

1976 ; film incontournable : « L’aile ou la cuisse » de Claude Zidi, bien sûr !  On ne présente plus les deux protagonistes principaux que sont « Louis de Funès » et « Coluche ».  Cette comédie campe le combat d’un critique gastronomique contre un géant de la malbouffe nommé (allez savoir pourquoi )  » Tricatel ». L’évocation de « Jacques Borel », Napoléon de la restauration rapide, est ici à peine voilée. Louis de Funès quant à lui, on le sait moins, était un ardent écolo !

Version contemporaine

Après la « slow-food » voici le « slow-travel ». Alors là je connais bien l’affaire !  Il faut dire que depuis toute petite, je pratique assidument. Que ce soit, train, bicyclette, pédibus, etc. j’ai beaucoup donné… Par contre je dois l’avouer, lorsque je suis avec Paulette, c’est une toute autre affaire. Toutes les deux, on est alors totalement « fast duodechoc » ! Sa petite Panda a plutôt du jus, si vous voyez ce que je veux dire…Sinon, à part ça, j’ai jamais fait de Kayak. Peut-être pour ça que le film « Comme un avion » m’a tant plu.

 Dans ce film de Bruno Podalydès sorti en 2014, le personnage de Michel embarque pour un voyage intérieur, sur une petite rivière de l’Yonne. Son escapade le mène seulement à quelques kilomètres de chez lui, mais il aura pris le temps des belles rencontres et du partage…

Je dois reconnaitre qu’un tel programme est plutôt pour me plaire ! Je me la jouerais bien façon « barque hyper stable » si c’est possible et… vogue la galère, pour un voyage « tout doux , tout doux, tout doux » !

Dessin de Sabine Ferrer

 LA MORALE DE L'HISTOIRE  c'est que "Tout ce qui est exquis, mûrit lentement"

 Arthur Schopenhauer

                                                                                                                                                                          

Un ptit vélo dans la tête

Un ptit vélo dans la tête

 Quelle douce folie que  cette bicyclounette dans le ciboulot ! Allez, on s’offre un petit moment de poésie avec Yves Montant et  un peu plus tard Laurent Voulzy ?

                                                                       Quand on partait de bon matin
                                                                       Quand on partait sur les chemins
                                                                      A bicyclette

                                                                      Sur les petits chemins de terre
                                                                     On a souvent vécu l’enfer
                                                                     Pour ne pas mettre pied à terre…

Rétropédalage temporel

       

Pour moi, je vous assure,  les deux dernières phrases de la chansonnette sont  du vécu pour de vrai ! (comme disent les gosses). Je crois vous avoir en effet raconté les souvenirs cuisants que je garde de mon   « rikiki biclou ». Celui avec lequel, vers 10 ans, genoux dans le guidon, grande sauterelle que j’étais, je devais accompagner papa au jardin potager…Hélas, sans la copine Paulette !

Le temps bien sûr a passé (c’est ce qu’il fait  le plus souvent) et  devenue jeune fille, lors de vacances à Dry – charmant petit bourg du Loiret- j’ai redécouvert le plaisir de pédaler avec les copains, sur une bicyclette à ma taille. C’est alors que  j’ai d’avantage apprécié  la suite de la chanson :

Quand le soleil à l’horizon
Profilait sur tous les buissons
Nos silhouettes
On revenait fourbus contents…

Enfin, on n’ en aurait pas non plus abusé ! (sauf peut-être en compagnie du prince charmant…)

Une éclipse, quelle éclipse?

Faut dire que dans les années 60, le vélo ne fait plus trop rêver : il n’a plus ce parfum de liberté de l’époque du front populaire et de la libération. La griserie des premiers congés payés est déjà loin et « on » s’est offert ou « on » lorgne du côté de  l’automobile qui promet vitesse et liberté.

Bof, pas très grave tout ça ! La mode est un éternel recommencement et la «  petite reine »  reviendra sans doute en grâce. En effet, il faut se souvenir qu’à cette époque on évoque déjà le fléau des embouteillages. ..

Et pourtant il tourne…

Dans le même temps (ou presque), en 1965, de drôles d’idées prennent corps à Amsterdam. En effet, une partie de la jeunesse hollandaise (très créative) lance alors le mouvement  non violent « Provo » : Il s’agit d’opposer le « provotariat » au consommateur asservi ( diantre ! ). La mission consiste à éveiller les consciences et à dénoncer la société de consommation : déjà clairvoyants les jeunots !

L’idée leur vient de lâcher symboliquement  quelques 50 vélos blancs dans la capitale néerlandaise. Ce plan, fort justement  nommé « vélos blancs », ne dura que 2 ans mais lança l’idée des vélos en «  libre-service » qui eut le succès que l’on connait…  Durant le même temps, « Monsieur, Madame tout le monde » (encore eux) déclaraient péremptoirement « cheveux longs, idées courtes » : à voir !

 

Un trou noir… passager ?

embouteillage 1980

La grande vélorution ?

Et puis, et puis…défilent les années : en 1967, la perspective de « Paris à vélo » fait l’objet d’un canular de 1er avril : on fanfaronne dans nos belles automobiles…Mais très vite  « Monsieur, Madame tout le monde » subissent pêle mêle : des chocs pétroliers, des attentats, des grèves, de la pollution, des embouteillages, des heures de pointe, du béton, une vie chère …Bref, ça sent le désenchantement. Les années 80,90, 2000 se succèdent: trouverons-nous un jour le bouton off ?

Affaire à suivre…

Nous voici maintenant en 2020 et en pleine pandémie. Semblerait qu’on redécouvre qu’on a des jamjambes et des mumuscles…

 Ce serait-y un tournant durable? Peut-être que le confinement nous a fait réfléchir à nos modes de vie . De nouveau  on pense pistes cyclables et déplacements quotidiens à vélo, que c’est beau !

Quant à moi je me tâte : je m’y remets ou non ? Parait que c’est possible à tout âge. Sinon, je peux aussi opter pour le vélo d’appartement wink. Faut qu’ je réfléchisse à « la chose » !

mamie-bicyclette

LA MORALE DE L’HISTOIRE  c’est que « Tout corps monté sur un vélo voit sa conception du monde entièrement modifiée. » :   Principe de la « vélosophie », énoncé par Didier Tronchet, dessinateur et militant de la cause cycliste en ville.

                                                          

Mamie fait de la résistance

Mamie fait de la résistance

Une jardinière en herbe 

Voici quelques temps, confinement persiste, je me suis mise à jardiner.

Attention les amis, je ne parle pas de «  jardinet rikiki à sa mémé » avec  trois plans de fraises, un bouquet de persil et  quelques fleurettes dans un coin. Que nenni ! J’évoque ici  le  Vrai Jardin, celui qui est « Potager ». Le grand, le noble jardin nourricier et ses généreuses promesses  de beaux et bons légumes  naturels et résistants ; comme il se doit.

Je vous entends déjà : « ben dis-donc, c’est  pas la grande aventure tout ça ! »  A cela je répondrai : non mais si (ou oui mais non…). Compte tenu du vécu de « Ginette d’antan », l’événement  est d’importance. Pour bien comprendre les choses, il faut basculer dans les années 50.  Du haut de mes 10 ans, à Boulogne Billancourt,  le jardinage  était alors plutôt « un truc de pauvre ». Papa, ouvrier chez Renault, avait réussi à dégoter le petit lopin de terre  qui nous permettrait de nous nourrir à moindre coût. Nous autres (les gosses) étions fermement « invités »  à participer à cette saine activité printanière. Nous opposions une petite résistance de principe, mais c’était peine perdue. C’est ainsi que chaque dimanche de beau temps, notre joyeuse équipée familiale s’élançait à bicyclette, à l’assaut des « Hauts de Meudon ». Là se nichait notre petit paradis de cultures. Chemin faisant, je maudissais ma monture trop petite et, genoux  dans le guidon, je réalisais combien j’avais grandi ! Enfin, fatalement, l’épuisante montée  finissait  toujours… au potager.

une future résistante

Je vous laisse imaginer avec quel entrain, mon frère, mes sœurs et moi-même, participions  au bien nommé «  jardin partagé »

Depuis cette époque donc,  sans pour autant être  rancunière, l’activité jardinage ne me paraissait pas  vraiment époustouflante.

Mais ça c’était avant. Avant que je ne vois les choses d’un autre œil…cool

Les potes à Maurice (Druon)

Grâce à  Françoise – ma voisine – tout a changé. Cette dernière pratique en effet  le jardinage « engagé » (?). Elle est adhérente au club  des « Joyeux Tistous » et, tenez-vous bien, s’occupe d’une « grainothèque » (?) dans…une bibliothèque ! La cachotière ne m’avait rien dit; à moins que je ne me sois jamais intéressée à la question…Toujours est-il qu’en discutant « par-dessus la haie »,  je viens de découvrir le poteau  rose.

La « relève aux pouces verts » est en marche : c’est M Druon qui doit être content !

le pot aux roses

L’armée des ombres

les résistants de l'ombre

« Mais, qu’est ce alors qu’une grainothèque ??? » me direz-vous de plus en plus fébriles. Et bien mes Loulou, vous le croirez ou non,  une grainothèque est un acte de résistance ! Je sais c’est difficile à concevoir. J’ai moi-même mis plusieurs jours à réaliser que Françoise, ma propre voisine,   est cette activiste de l’ombre…qui ne le parait pas. Pourtant les faits sont là et même si la réalité peut être crue, ne nous voilons pas la face.

Ouvrons grand les oreilles et soyons attentifs car ici les choses deviennent très sérieuses :

Toute la Gaule ?…Non !

Pour mieux comprendre les enjeux de la « guérilla potagère », il faut savoir  que la plupart des petites graines que nous achetons sont non reproductibles (dites F1). Leurs brevets sont détenus par des multinationales telles que «Bayer-Monsanto, Limagrain, etc ». Résultat : un piège économique,  une standardisation de notre alimentation et un appauvrissement de la biodiversité. Mais quelques « petits malins des jardins » cultivent, échangent ou vendent des graines non stériles. Ils font ainsi acte de résistance contre ce système de monopole quelque peu… désolant.

La fin des haricots (F1) ?

graines de résistance
résistance au jardin

Aussi fou que ça puisse paraître, en France, la production, la récolte et la vente de graines « artisanales » peuvent être considérées comme des activités illégales. Pourquoi ? Parce qu’elles nuisent au juteux business des multinationales du secteur.Parce que les petites graines libres ne correspondent pas aux standards agricolesundecided

Enfin, ça c’était avant (encore!). Avant que la « résistance jardinière » ne porte ses fruits. En effet, en octobre 2018, l’Union Européenne a enfin autorisé la vente des semences paysannes.

Petit bémol, ce ne sera réalisable   qu’en  2021…

Le truc du troc

Et sinon, à part « ça » c’est quoi une grainothèque ?

Et bien c’est un endroit où on prend et où on dépose les semences  qui nous plaisent. C’est gratuit, c’est libre, c’est réactif, c’est créatif. Bref, c’est vivant !

« Mais zalors, les vilains industriels sont dans les choux ?  » (Je fais vous…). Hélas non, le «  grand public » est sous informé.  Reste à présent à communiquer ;  conserver et consolider les acquis : y a du pain sur la planche et d’autres batailles à mener !

Tout ça n’est pas très drôle alors ? Bah, ça dépend  de comment on prend la chose ! Pour ma part, je sabote, je sabote, je sabote… « le système industriel ». Je cultive,  je multiplie,  j’échange… les « bonnes » graines. Je trouve ça plutôt marrant !

grainothèques de résistance

Sous les pavés les fleurs

green résistance

Dernièrement  j’ai appris que je pouvais même devenir poseuse de bombes…à graines : la perspective n’est pas pour me déplaire !

La résistance « de ville »  pourrait également consister à végétaliser un arrêt de bus ou bien un mur un peu triste ; mais tout ça est bien sportif à mon âge ! Enfin, à voir….

Maintenant que nous allons  déconfiner , je sens que nous allons bien nous amuser !

LA MORALE DE L’HISTOIRE: dites-le avec des fleurs, ce sera toujours plus joli !  

                                                          

Joyeuses Pâques !

Joyeuses Pâques !

Le Grand Confinement

Maintenant plusieurs semaines que nous sommes claquemurés chez nous, avec plus ou moins de « philosophie ».  Grands Sages  et intellectuels de tous poils s’échinent à nous convaincre des bienfaits du « rester cloitrer » . Pour autant, mauvais élèves que nous sommes,  la plupart d’entre nous ne pensent qu’à la récré…Certes nous pourrions découvrir ou redécouvrir les bienfaits de la méditation, de l’art thérapie, de la lecture, de la musique ou bien encore du bricolage, du jardinage, et autres « occupations vertueuses » ; certes. Pour ma part, rien n’y fait ou presque. Je dois avoir le sens de la contradiction : je ne pense qu’au jour où je vais pouvoir prendre la poudre d’escampette, la clé des champs, voire la tangente ou bien filer à l’anglaise ( ou même autrement, je deviens moins difficile…). Je suis également  et surtout tentée par un petit tour au ciné et  au salon de thé avec Paulette ou bien  Mumu, Gaston, Greg, Numa, Suzanne et même…Françoise (la voisine). En ces temps de disette de parlote,  je disserte certes avec Sido (ma minette), mais les conversations restent limitées et paradoxalement je trouve ma chatte très sérieuse !

Gaston y a l’téléfon qui son

 Ainsi, actuellement, qui l’eut cru,  je finis par trouver ma greffière barbante . La pauvre n’y peut rien et de son coté elle n’en pense peut-être pas moins… Les « effets confinement » sont vraiment sournois ! En ces temps pour le moins perturbés,  frustrée de conversations comme je le suis, j’use et j’abuse d’ une invention fantastique nommée TELEPHONE. C’est ainsi que je me suis vue déployer des trésors d’imagination et de mémoire afin de retrouver  copains et copines « d’avant »… Les plus lointains me paraissant bien sûr les plus exotiques. Certains, je l’avais oublié, n’engendrent vraiment pas la mélancolie : Dieu, que ça fait du bien de rire un bon coup !

Tonnerre de Brest !

 Le Roger est un peu rougne ces derniers temps: plus de « brèves de comptoir » et plus de « petit blanc sec » le matin ! Comme un malheur n’arrive jamais seul, il vient d’apprendre que, sans doute, le déconfinement se fera progressivement et par classe d’âge. Sur ce coup, il ne se sent pas très avantagé…Depuis quelques temps, il explore donc  une nouvelle piste, du coté des mesures dérogatoires au confinement. Celle de « l’autisme » lui parait  envisageable. Reste à trouver le médecin charitable qui pourra  lui rédiger une attestation, véritable sésame pour une peine quelque peu aménagée. Vive le 1er avril, même au téléphone !  wink

Sinon, et plus sérieusement (?) il me dit avoir beaucoup réfléchi à fabriquer  son masque lui-même. Je n’ai pas vu Roger depuis bien longtemps, mais aux dernières nouvelles, ce n’était pas à proprement parler une fine aiguille ; j’attends donc la suite avec impatience.  « Avec 3 francs, 6 sous, tu peux te protéger » m’argumente-t-il. Semblerait que la solution du « filtre à café » ait été retenue : sans doute  la nostalgie du « petit bar du coin »…

Prenons-en de la graine

La Rebecca, quant à elle, a les pouces verts. Durant « le Grand Confinement » son appartement est devenu le terrain d’expériences en « neurophytologie » ( ma copine a toujours été une intello…). « Les plantes sont incroyablement intelligentes » me dit-elle, au bout du fil . » Elles ont opté pour un mode de vie 100% sédentaire  et parallèlement appris à se défendre s’adapter, communiquer, s’épanouir et… manipuler les animaux ! » Fichtre (me dis-je),  un véritable exemple en ces temps d’enracinement intempestif. S’ensuivit un exposé fort… long: j ‘avais oublié combien Rebecca cultive (également) l’art de rendre les choses les plus passionnantes, ennuyeuses. Bref, petit à petit, mon interlocutrice en est  arrivée à évoquer les vertus d’un traitement par la  chloro…phylle. Un véritable trésor de bienfaits semble-t-il : un stimulant, un désinfectant, un détoxifiant, un cicatrisant, etc, etc. Vive les petites pastilles vertes, vous dis-je !

Et puis bonus, grâce à une jeune femme canadienne qui parle de tout ça avec enthousiasme .

Humour, toujours

Merveilleux  besoin de rire, souvent, et partout dans le monde. 

En Italie,  le gateau « Corona » a fait son apparition. « Les problèmes ne peuvent pas être résolus avec tristesse et peur. L’important est de suivre les instructions et de rester calme. Si nous mangeons une bonne glace entre-temps, cela ne peut certainement pas faire de mal«  explique le facétieux patissier de la ville de Crémone.

Oui, les blagues sont devenues vitales. Peut-être un jour remboursées par la sécurité sociale ? Pourquoi pas une petite suggestion pour le monde d’après ?!

                   LA MORALE DE L’HISTOIRE  c’est que le rire est le propre de l’homme.

                                                                                                                                              Rabelais

                  Et bonne confinuation à tous !

Génération rapiécée

Génération rapiécée

La révolution en marche

Le croirez-vous ? Dimanche dernier j’ai vu une jeune femme qui s’appliquait à repriser ses chaussettes. C’était pas à la télé et c’était pas pour un film historié. C’était chez ma copine Suzanne, qui m’offrait le café. Sa petite fille de 26 ans  était là et, j’en suis témouine , elle ravaudait  ce que je viens de vous dire….

La chaussette d’Emilie était beige et …ses fils à repriser rouges et dorés !  » De mon temps » , à l’école ménagère, les jeunes filles que nous étions,  tentaient , tant bien que mal , de réaliser des reprises le  plus discrètes possibles.  Je restais donc dubitative devant l’ouvrage en cours. De son coté, la sympathique mais anachronique ravaudeuse, se mit en devoir de m’expliquer qu’ elle pratiquait le  » reprisage créatif  » : c’est un concept totalement révolutionnaire et très osé… qui consiste à  rapiécer les patates des chaussettes . Enfin, ça c’est  moi qui le dit ! Emilie, elle,  pratique  la broderie « upcycling » qu’elle a découvert lors d’un stage avec une grande créatrice japonaise…zut,  j’ai oublié son nom,  mais qui,  semble-t-il, est très très experte dans le domaine de la patate ;  euh, je veux dire du « reprisage assumé des trous …de chaussettes ».

Un grand jour se prépare

De fil en aiguille (si je puis me permettre…) avec Emilie, j’ai donc essayé d’approfondir la question. Je lui ai dit qu’il me semblait, qu’actuellement, certains individus achetaient ( assez cher) des jean troués. Parfois même, il les trouaient eux-même ; ces derniers  étaient-ils…créatifs,  économes,  fauchés ? De fait , pouvait-on alors trouver à acheter des « chaussettes neuves  trouées  » ?

Vu sous cet angle

De même, (continuais-je de m’interroger) était-ce les même personnes qui suivaient ensuite des stages ( plus ou moins chers) de  » reprisage créatif  de jean déchirés » ? 

Et si oui, n’anticipaient-ils pas un peu trop les choses ? Ne  suffisait-il pas simplement d’attendre la prochaine mode du « Jean neuf, troué, puis rapiécé ? « 

L’air quelque peu perdu d’Emilie, me permit de comprendre qu’elle n’avait jamais songé à tout ça de cette façon…

Un monde sauvage

Mais très vite, et fort à propos,  Emilie s’est reprise…

…Il fallait que je comprenne certaines choses, me dit-elle :  » en fait, tout se joue actuellement dans le clivage existentiel fondamental qui existe  entre les deux tendances radicalement opposées que sont la  » fast fashion » et le  » slow wear  » ….????…. Fichtre, l’ affaire est sérieuse !

« La fast fashion »continua-t-elle sans reprendre son souffle – est un concept de mode jetable qui incite à créer et consommer  rapidement des vêtements bon marché. Cette tendance se soucie peu des enjeux éthiques et de l’impact écologique directement liés à sa pratique. »

Attention, tenez-vous bien , maintenant voici la définition du  » Slow wear « :  » c’est une mode éco-responsable qui privilégie des vêtements éthiques, biologiques et basiques de qualité, conçus pour durer. Le « slow wear  » est un concept engagé qui souhaite donner un sens à ce que nous portons »…Ouf !

Jusqu’où n’irons-nous pas ?

Ouahh, ouhh, trop fort ! Ainsi, depuis des années j’avais sous les yeux des armées de jeunes (et moins jeunes) rentrés en rebellion « vestimentaire », et je n’avais absolument rien vu !

Ils reprisent donc, ils résistent : bravo Emilie!!

Le concept est fantastique et il me fait immédiatement penser à Gandhi. Très avisé, le grand homme avait compris que l’acte de tisser pouvait devenir symbole de révolution non violente. Actuellement la production naturelle et traditionnelle est également le fer de lance de ces beaux mouvements de  » slow création ».

Je formule un souhait Emilie : puisse les généreuses aspirations de votre génération ne pas être trop vite  récupérées à des fins mercantiles et…. faites qu’on ne nous propose jamais de « jeans neufs, troués puis rapiécés« !

LA MORALE DE L’ HISTOIRE c’est qu’ ici, en l’occurence, l’habit fait plutôt le moine .

Post scriptum

Concours de circonstance amusant, à l’heure ou je boucle l’article, sort en salle le film de Martin Provost «  La bonne épouse ».

Avec Juliette Binoche, Yolande Moreau, Noémie Lvovsky, François Berléand et Edouard Baer, pour les acteurs les plus connus. Cette comédie relate le quotidien d’une école ménagère en 1968. Je vous laisse découvrir …et vous amuser!